LE CONSEIL DU SOMMELIER
« Mes secrets pour une dégustation réussie »
Et si 2026 rimait avec
excellence oenologique ? Pour ce faire, au fil de l'année, je vous livrerai
mes conseils pratiques de chef sommelier. Tout d'abord, voici mes réponses à
une question que se posent de nombreux amateurs de vin : comment bien le
déguster ? Eh bien, sachez qu'une dégustation réussie repose sur deux
paramètres clés : la température du vin et le choix du verre.
> La température du
vin. La
négliger peut sérieusement compromettre votre dégustation.
Vins effervescents ou
blancs. Une
température trop fraîche va les rendre muets et souvent austères, annihilant
toute finesse et expression de terroir. Je vous conseille de servir un vin
effervescent autour de 10 °C et un blanc frais pur de type Bourgogne à 12 °C.
Les blancs méridionaux. Ils méritent un peu de fraîcheur pour
calmer la générosité du soleil : aux alentours de 8 à 10 °C.
Les rouges. Trop de fraîcheur inhibe l'expression aromatique du vin et,
la plupart du temps, le rend dur et rustique. A contrario, trop de chaleur met
l'alcool en avant, donnant une sensation brûlante. Mes conseils ? 16 °C
pour un rouge délicat comme le Bourgogne, 17 à 18 °C pour un Bordeaux ou un vin
de la vallée du Rhône.
> Le choix du verre. Un vin est apprécié différemment
selon qu'il est servi dans un verre type verre à moutarde ou dans un verre
approprié.
Pas besoin de verres onéreux. Privilégiez les modèles à pied d'au moins
25 cl, pour aérer le vin plus facilement. Évitez les verres de couleur pour
apprécier sa robe.
Et côté format ? La flûte de champagne est magnifique
pour les vins effervescents, mais un verre à blanc de Bourgogne est idéal pour
la dégustation.
Attention à l'odeur du verre. Le placard ou l'armoire où se trouvent les verres à vin peut donner de faux goûts. Pour y remédier, il suffit d'aviner son verre : y verser quelques centilitres de vin, que l'on jette avant de servir.
Je vous souhaite une belle dégustation et vous laisse sur cette citation d'Émile Peynaud, père de l'oenologie moderne : « Quel bel objet que le verre ! Il est à la fois piège et présentoir : il retient le vin et il l'offre. Il me semble que le vin n'existe que par lui. »